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Contenus écrits par IA : ce que l’affaire du Goncourt dit aux marques

27 octobre 2026
agence de marketing annecy Popote
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Le 25 septembre 2026, l’Académie Goncourt a retiré de sa première sélection C’était ça ou mourir, le premier roman de Thélyson Orélien (Grasset). Elle a jugé le livre « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle », en s’appuyant sur des analyses de chercheurs et de journalistes. L’auteur conteste, et rien n’a été démontré dans un sens ou dans l’autre.

Pour une entreprise, la leçon porte sur la confiance : un soupçon suffit à l’abîmer, et on ne s’en défend qu’avec des traces de son travail. Se servir de l’IA pour écrire ne pose pas de problème en soi. Publier sans pouvoir dire qui a écrit quoi en pose un.

L’affaire en quelques dates

Le 21 septembre, un compte anonyme sur X, « Balance ton Claude », affirme que le roman a été écrit presque entièrement par une IA, en s’appuyant sur des logiciels de détection. Le lendemain, Le Monde soumet plus de la moitié du livre à Pangram, un détecteur de texte généré par IA.

Le 25 septembre, La Presse et Radio-Canada révèlent des plagiats dans des textes plus anciens de l’auteur, publiés au Canada dans les années 2010. Le même jour, l’Académie Goncourt retire le roman de sa sélection pour « préserver l’intégrité du prix Goncourt ».

Le 13 octobre, dans un texte transmis à l’AFP, Thélyson Orélien reconnaît ces plagiats anciens et dit les regretter « profondément ». Il maintient en revanche qu’« aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine », et explique avoir commencé le roman en 2017. À la mi-octobre, le livre dépassait 65 000 exemplaires vendus et figurait toujours dans la deuxième sélection du Renaudot.

Qui dit vrai ? Nous n’en savons rien, et ce n’est pas notre sujet. L’affaire en dit long, en revanche, à tous ceux qui publient pour une marque.

Ce que l’affaire dit aux entreprises

Un soupçon suffit

Un détecteur d’IA donne une probabilité. Il ne voit ni les brouillons, ni les échanges avec un assistant, ni le travail de l’éditeur. L’Académie elle-même parle de vraisemblance. La décision est pourtant tombée, et le doute accompagnera désormais le livre.

Une marque vit la même chose à plus petite échelle. Le client qui trouve que votre newsletter « sonne comme ChatGPT » ne réclame pas d’expertise. Il décroche, ou il lit vos promesses avec un peu moins de bienveillance.

Les plateformes font déjà le tri

LinkedIn a annoncé le 20 mai 2026 qu’il diffuserait moins les contenus « bâclés, produits par l’IA », ceux qui ont l’air soignés mais n’apportent rien. Ils ne sont pas supprimés, ils sortent simplement moins du réseau immédiat de leur auteur. En août, Hari Srinivasan, directeur produit de LinkedIn, estimait que les publications repérées comme du spam IA perdaient environ 40 % de vues (Siècle Digital, 25 août 2026). La plateforme précise qu’elle n’a rien contre l’aide de l’IA, tant que les posts reflètent « la voix et les perspectives de leur auteur ».

Google tient la même ligne depuis février 2023. Il dit récompenser les contenus de qualité quelle que soit la façon dont ils sont produits, et traite comme du spam l’automatisation utilisée d’abord pour grimper dans les résultats.

Les textes deviennent traçables

Le 5 octobre, OpenAI a annoncé textGrain, un filigrane invisible qu’il compte ajouter « dans les prochaines semaines » aux textes de ChatGPT en Europe, pour se conformer au règlement européen sur l’IA. Il s’agit d’un signal statistique caché dans le choix des mots. Le détecteur n’est pas public : OpenAI le réserve à des chercheurs et à des organisations approuvés. Et il perd vite en fiabilité quand on retouche le texte. Dans les tests publiés par OpenAI et repris par Abondance, remplacer un mot sur dix par un synonyme fait passer le taux de détection d’environ 92 % à 66 %.

Côté loi, l’article 50 du règlement européen sur l’IA (l’AI Act) s’applique depuis le 2 août 2026. Un chatbot doit dire qu’il est une IA. Un texte généré par IA et publié pour informer le public sur des questions d’intérêt public doit être signalé comme tel, sauf s’il a été relu ou contrôlé par un humain et qu’une personne ou une entreprise en assume la responsabilité éditoriale (règlement (UE) 2024/1689). La loi place donc la limite au même endroit que nous : une relecture humaine, et quelqu’un qui signe.

Où placer la limite dans votre communication

Vous n’êtes pas seul à vous poser la question. Selon le baromètre France Num 2026, publié le 28 septembre par la Direction générale des Entreprises, 40 % des TPE et PME utilisent au moins une solution d’IA, et 34 % s’en servent pour générer du texte, de la voix ou des images. En 2024, nous nous demandions si l’IA pouvait créer un site web de qualité. Aujourd’hui, la question porte surtout sur la manière de s’en servir.

Ce que l’IA fait bien

Trier une veille, proposer un plan, reformuler une phrase bancale, préparer un premier jet de traduction, repérer une coquille : elle vous fait gagner du temps tant qu’elle n’affirme rien à votre place.

Ce qui doit rester entre vos mains

Les faits et les chiffres doivent être vérifiés à la source par quelqu’un de chez vous. Votre avis et vos exemples viennent de votre terrain : une IA peut les mettre en forme, pas les fournir. La voix de votre marque, celle que vos clients reconnaissent, se travaille à la main. Et avant qu’un texte parte, une personne le relit et l’assume.

Garder des traces

C’est la leçon la plus concrète de l’affaire. Thélyson Orélien dit avoir commencé son roman en 2017, mais son texte du 13 octobre n’apporte aucun élément pour l’établir. Une entreprise peut s’éviter ce genre de situation pour presque rien : un document partagé qui garde l’historique des versions, des sources notées au fil de l’eau, le nom de la personne qui a validé. Le jour où l’on vous demande comment un texte a été fait, vous ouvrez le dossier.

Comment nous faisons chez Popote

Pour nous, l’IA est un accélérateur, jamais une remplaçante. Nous nous en servons pour explorer des pistes visuelles avant de les dessiner pour de bon, pour aller plus vite dans le développement des sites, pour préparer une base de texte que nous retravaillons ensuite en profondeur, et pour synthétiser de gros volumes d’information.

Nous nous sommes aussi fixé trois règles, que nous appelons le Pacte Popote :

  1. chaque contenu produit avec l’aide de l’IA est tracé en interne ;
  2. chaque livrable est validé par une personne de l’équipe avant de vous être envoyé ;
  3. vous êtes informé des outils qui ont servi à produire votre projet.

Ces règles nous permettent de répondre à un client, ou à un lecteur, qui demande comment un contenu a été fabriqué. Elles guident notre travail en conseil et stratégie comme notre façon de gérer vos réseaux sociaux : votre voix d’abord, les outils ensuite.

Questions fréquentes

Faut-il indiquer qu’un contenu a été écrit avec l’IA ?

Pour un chatbot, oui : depuis le 2 août 2026, il doit dire qu’il est une IA. Pour un texte publié afin d’informer le public sur un sujet d’intérêt public, la mention est obligatoire, sauf s’il a été relu par un humain et qu’une personne ou une entreprise en assume la responsabilité éditoriale. Dans les autres cas, c’est un choix de transparence. Nous ne sommes pas juristes : si vous avez un doute sur votre situation, posez la question à un professionnel du droit.

Google pénalise-t-il les textes écrits avec l’IA ?

Pas en tant que tels. Google dit juger la qualité d’un contenu, pas la manière dont il a été produit. Fabriquer des pages en série pour grimper dans les résultats reste en revanche considéré comme du spam. Google conseille aussi d’indiquer un auteur quand le lecteur peut se demander qui a écrit.

Les détecteurs d’IA sont-ils fiables ?

Ils donnent un signal, pas une preuve. Ils peuvent prendre un texte humain pour de l’IA, ou laisser passer un texte généré puis retouché. Même le filigrane d’OpenAI perd beaucoup en fiabilité dès qu’on retravaille le texte, et OpenAI précise que son absence ne prouve pas qu’un humain a écrit.

Peut-on encore utiliser l’IA pour ses posts LinkedIn ?

Oui. LinkedIn vise les contenus génériques, pas l’aide à l’écriture. Un post qui raconte une situation réelle, avec votre avis et vos mots, correspond à ce que la plateforme dit vouloir garder. Celui qui pourrait être signé par n’importe qui, beaucoup moins.

Parlons de votre façon d’écrire

Vous vous demandez quelle place donner à l’IA dans vos contenus, ou comment garder une voix cohérente quand plusieurs personnes écrivent pour votre entreprise ? Écrivez-nous. Nous regardons avec vous ce qui peut aller plus vite et ce qui doit rester entre vos mains.

L’équipe Popote